Le Bon Genre : trésor d’illustrations du début du XIXème siècle

Le Bon Genre est une collection d’une centaine de gravures du début du XIXème illustrant et se moquant gentiment des moeurs de l’époque. Ces gravures sont dédiées à un lectorat principalement féminin aisé et adepte des plaisirs de la vie. Sous la direction de La Mésangère, également propriétaire du Journal des Dames et des Modes, les gravure du Bon Genre saisissent les modes et moeurs (parfois ridicules) de l’époque à travers une série de publications de 1801 à 1822.

Pour notre plus grand plaisir, une réédition de 1931 a regroupé la quasi totalité des gravures du Bon Genre ainsi que les descriptions associées à chaque image. C’est un ouvrage extrêmement intéressant car il nous permet d’avoir un regard sur les personnages qui peuplent le début du XIXème.

L’ouvrage complet est disponible sur Gallica Le Bon Genre : Réimpression du Recueil de 1827 comprenant les observations et les 115 gravures, mais je ne le trouve pas très pratique à consulter. C’est pourquoi j’ai eu envie de vous le partager dans une format plus pratique en regroupant les gravures et leurs explications de manière plus lisible. Seules les 20 premières gravures sont disponibles dans cet article pour l’instant et j’ajouterai la suite au fur-et-à-mesure.

Les mots suivis de (*) sont orthographiés ainsi dans le texte original.

Le Bon Genre N°1 : La Walse

(Année 1801)
La Valse est une danse allemande dont nos Françaises raffolent. Tantôt les danseurs se tiennent embrassés par le milieu du corps , tantôt enlacés. Quinze, vingt, quelquefois trente groupes tournoyans(*) suivent à la fois une direction circulaire. Dans cette danse, le cavalier est comme le pivot du groupe en action.

Le Bon Genre N° 2 : L’embarras des queues

(Année 1801)
Pour peu que les queues des robes continuent à s’allonger, on sera forcé d’agrandir les jardins publics, ou de renoncer au plaisir de la promenade. Une élégante occupe aujourd’hui au moins six pieds en longueur : on est contraint de rester derrière elle à cette distance, si l’on ne veut marcher sur sa queue. Mais cet inconvénient est pour les dames une occasion de déployer de nouvelles grâces. Imaginez une belle qui sent qu’on marche sur sa queue : elle s’arrête, penche le haut du corps en arrière, porte en avant la partie inférieure, laisse tomber sa tête sur l’épaule, puis jette sur le maladroit un coup d’oeil où se peint tantôt la coquetterie, tantôt un air de protection.

Note : On retrouve un bel exemplaire d’Incroyable dans cette gravure. Du chapeau au gourdin, aux cheveux, tous les codes sont là. Pour en savoir plus vous pouvez consulter mon article sur les Incroyables et Merveilleuses du début du XIXème siècle.

Le Bon Genre N° 4 : Les glaces

(Année 1801 )
Cette gravure me confirme dans l’idée que les Parisiennes sont, de toutes les femmes, celles qui ont plus de grâces, même dans les fonctions qui en admettent le moins, comme de manger goulument, de regarder hardiment etc.

Le Bon Genre N°5 : La toilette

(Année 1801)
Les femmes de dix-huit à vingt ans sont en guerre ouverte avec les femmes d’un certain âge. A trente ans, disent-elles, on ne devrait plus avoir de prétentions à la parure. Ces idées font qu’elles imaginent des modes qui ne peuvent convenir qu’à elles; et de ce nombre sont évidemment ces coiffes plates à la paysanne, qui demandent des figures si fraîches, et ces bonnets qui ont tant de rapport avec les toquets d’enfans(*).

Le Bon Genre N°6 : Leur crédulité fait toute sa science

(Année 1801)
Les esprits faibles vont consulter cette femme, qui ne possède d’autre secret que celui de persuader qu’elle les connait tous.

Le Bon Genre N°7 : Les préparatifs du bal

(Année 1801)
Dans un bal masqué de société, on ne voit plus ni Arlequins, ni Colombines, ni Pierrots. Les costumes à la mode sont ceux de la Suisse et de notre ancienne province de Normandie; mais, avec leur jupe de grosse étoffe et leur bonnet de paysanne, les dames ont grand soin de mettre une croix de diamans(*), ou quelque autre bijou qui les distingue.

Le Bon Genre N°8 : La rencontre au bal

(Année 1801)
Que se disent ces masques en s’abordant ? Je te connais, tu ne me connais pas. Je te connais, c’est-à-dire, j’ai une foule de moyens de te mettre dans l’embarras, de te jouer, de m’amuser à tes dépens. Tu ne me connais pas, c’est-à-dire, tu ne peux prendre ta revanche, tu ne peux te prévaloir de mes défauts, de mes faiblesses; je vais te lutiner.

Le Bon Genre N°9 : Le retour du bal

(Année 1801)
C’est surtout pendant le carnaval que vous devez être surveillants, vieux maris de jeunes femmes, amoureux surannés.

Le Bon Genre N°10 : Le déjeuner

(Année 1802 )
Une grande familiarité règne partout le matin; on n’a pas encore eu le temps de devenir cérémonieux : le déjeuner est le repas du coeur.

Le Bon Genre N°11 : Le volant

(Année 1802)
Autrefois on jouait au volant sans raquette : c’était avec la paume de la main qu’on chassait la balle ronde ou la petite pelote ailée. De là on appelait le jeu lui-même, la paume. Mais nous sommes devenus délicats : les élégantes ont des raquettes ornées d’or et de soie, de velours et de maroquin; les bourgeoises ont des manches de raquette tout simplement garnis de peau de mouton. Les petites filles du peuple et les servantes jouent avec des raquettes d’osier. Le dimanche, à Paris, on joue au volant du haut en bas de l’hôtel : la portière et sa fille jouent devant la porte, les valets dans l’antichambre, les enfants dans le jardin, et les dames dans le salon.

Le Bon Genre N°12 : La main chaude

(Année 1803)
Ce jeu se nommait autrefois paumèle. Il faut proportionner les coups à l’âge et à la force du patient. Les gens mal élevés frappent à tour de bras.

Le Bon Genre N°13 : Le choix du jockey

(Année 1803)
Vous connaissez la charmante femme de chambre de Mme ***. —Et même son charmant jokei(*). —Je le crois bien, c’est la même personne : à la toilette le matin, derrière le cabriolet l’après-midi.

Le Bon Genre N°14 : Les quatre coins

(Année 1803) Il faut que chaque joueur sache calculer les vitesses et les distances, et lise les projets de ses concurrens(*) dans leurs yeux, afin de n’être point trompé par de perfides appels. A ce jeu, comme ailleurs, gardez-vous de quitter une place qu’un jour vous pourriez regrette.

Le Bon Genre N°15 : Le Collin-Maillard

(Année 1803)
Ce jeu si connu se joue dans une chambre ou dans une enceinte bornée. On bande les yeux de celui que le sort a désigné, et il poursuit ses camarades jusqu’à ce qu’il ait deviné le nom de celui qu’il saisit.

Le Bon Genre N°16 : Les trois grâces parisiennes

(Année 1804)
C’est surtout en fait de modes que le troupeau servile des imitateurs abonde. Une coiffure, un ajustement sied-il bien à une de ces femmes qui embellissent tout, il n’en est aucune, même des plus laides, qui ne brille de l’adopter.

Le Bon Genre N°17 : Mademoiselle Pastel, suivie de sa mère

(Année 1804)
Voici un exemple du danger que courent les parents nés pauvres, qui, au lieu de donner à leur fille un métier, veulent en faire une artiste.

Le Bon Genre N°18 : Les ennuyées de Lonchamp

(Année 1805)
Comment, disent ces élégantes, pas une âme ! Maudite pluie ! Mais où donc rencontrer quelqu’un à qui parler, à qui se faire voir ! Il est vrai que la coiffure de ces dames est du dernier goût. Ce sont presque des têtes d’enfans(*) de choeur.

Le Bon Genre N°19 : La Trénis, Contredanse

(Année 1805)
Cette danse porte le nom de celui qui en est l’inventeur. Triste célébrité ! la manie des pirouettes a détraqué sa tête; il est mort à Charenton.

Le Bon Genre N°21 : La sauteuse

(Année 1806)
Les pieds rasent la terre, mais ne la quitte jamais; une main ne lâche que ce que l’autre reprend, un trait ne se dérobe que pour dévoiler un attrait.

Amusidora

Hello ! Moi c'est Claire. Eternelle curieuse, je suis passionnée d'Histoire de la mode et d'histoires insolites, toujours en quête de nouvelles choses à apprendre (et souvent difficiles à placer en soirée, certes). J'adore me plonger dans de vieux livres d'époque et je collectionne aussi de vieux papiers et des revues anciennes. Mes sujets de prédilection ? La première moitié de XIXème siècle et la période Art Déco, mais pas uniquement. Je partage ici mes trouvailles pour tous les curieux qui voudront bien passer un moment sur ce blog.

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